>>>> La première, le long du mur extérieur du musée : ![]() Approchons-nous pour lire l'inscription : ![]() IG IV2, 1, 480 IIe s. apr. J.C. La flèche du haut montre le numéro : H' = 8 Ensuite nous lisons l'inscription :
Et la flèche du bas pointe vers le cercle, que voici : ![]() Cherchez ce cercle ici. Quelques remarques : - Qu'est-ce qu'un hiérapole ? On le retrouve dans de nombreuses inscriptions d'Epidaure, en particulier dans les consécrations d'autels aux divinités. Nous en avons déjà vu un exemple ici. On trouve aussi des hiérapoles en Sicile, où ils semblent être le prêtre éponyme de la cité, et ailleurs. Je garde le nom grec, sans autre précision, n'en sachant pas plus. - Qui sont les Anakes ? Ce terme, Fάνακες, désigne les Dioscures, c'est-à-dire Castor et Pollux, les frères d'Hélène et Clytemnestre. Pausanias dans son livre 2, chapitre 22, 5-6, au cours de sa description d’Argos, écrit :
L’anakeion, d’après the Princeton Encyclopedia, était un sanctuaire dédié aux Dioscures, connu par des inscriptions d'époque romaine. Il en existait donc un à Argos, d'après Pausanias, et peut-être un autre à Epidaure, d'après notre inscription. Un anakeion a aussi existé à Athènes, il y en avait également un en Phocide (IG IX,1,129). |
>>>> la seconde, à l'intérieur du musée : ![]() Voici son inscription : ![]() IG IV2, 1, 505 époque impériale... On lit, un peu difficilement il est vrai :
Puis on voit bien le cercle avec la flèche d'Artémis, et à sa droite le numéro ξη (68). |
>>>> La troisième, le long du mur extérieur du musée : ![]() IG IG2,1, 527 IIIe s. apr. J.C. Ecriture très négligée, mais très lisible. Certes il manque le nom de la divinité, les deux barres verticales peuvent être plusieurs lettres, mais le cercle donne la solution : il s'agit de Zeus.
Et en dessous nous voyons très bien le numéro : νθ (59), ainsi que le cercle de Zeus avec l'épi. Qui est l'homme qui a dédié cet autel ? Il l'a fait "suite à un rêve", comme l'avait fait Hiéroklès. Or on sait que ceux qui venaient à Epidaure pour solliciter du dieu leur guérison devaient s'endormir dans le bâtiment appelé l'abaton, et là il leur semblait en rêve que le dieu leur indiquait qu'il les guérirait, mais à condition qu'ils lui fassent un don, soit la dédicace d'un autel, soit une somme d'argent, soit le sacrifice d'un animal. De longues inscriptions ont été gravées dans le sanctuaire, qui narrent ces guérisons. Ce sont IG IV2 1, 121, 122, 123 et 124. |
>>>> la quatrième, elle, est loin du musée, dans la zone du sanctuaire qui est proche de la tholos, dont on aperçoit derrière la pierre les échaffaudages. Cette pierre par sa forme, avec sa corniche, fait plutôt penser à une base de statue, et nous verrons pourquoi. ![]() Approchons-nous pour lire l'inscription : ![]() IG IV2,1, 529 Nous lisons facilement :
Mais au dessus de cette inscription, nous lisons aussi quelques lettres : ![]() Je discerne : Τ-Ρ-ΝΑΠΕΛΛΙ-ΝΟΣΑ--ΕΙΟΣΕΠΟΙ et en tapant "apelli" avec le moteur de recherche PHI, je trouve ce que je supposais : il s'agit de la signature d'un sculpteur (IG IV2,1, 698, datée du début du IIe s. av. J.C.) : Τόρων Ἀπελλίωνος Ἀργεῖος ἐποίησε Torôn fils d'Apelliôn, Argien, a fait. On trouve la même signature en tête de l'épigramme funéraire d'une Nikarèta à Epidaure (IG IV2,1, 228, datée très vaguement : VIe-Ier s. av. J.C.) : Τόρων Ἀπελλίωνος Ἀργεῖος ἐποίησε. ainsi qu'à Trézène, où Torôn signe avec un autre sculpteur (IG IV 772, IIIe s. av. J.C.) : Ἀκέστωρ Αἴσχρωνος, Τόρων Ἀπελλίωνος Ἀργεῖοι ἐποίησαν. Akestôr fils d'Aiskhrôn et Torôn fils d'Apelliôn, Argiens, ont fait. On voit que l'époque de ce sculpteur doit être comprise entre le VIe et le IIe s. av. J.C., mais évidemment il faut se restreindre et supposer qu'il a exercé son art au IIIe s. et peut-être au début du IIe s. Or la dédicace à Hélios Pangonos est beaucoup plus récente, l'écriture suffirait à le prouver, avec ses sigma et epsilon lunaires. On a donc affaire ici au remploi de la base d'une sculpture, 300 ou 400 ans plus tard. Observons maintenant le bas de notre inscription : ![]() Nous reconnaissons le symbole du dieu Hélios, avec ses rayons solaires, et en dessous, le numéro : ξϛ (66). Quelques remarques sur la dédicace : - Hèlios Pangonos : cette épiclèse du dieu Hélios, dont la traduction serait "dispensateur de tous les biens", ou "créateur de toute chose", n'est pas connue ailleurs dans l'épigraphie grecque. - Qui est ce Séleukos l'Héraklide ? On connaît certes des rois hellénistiques qui se sont appelés Séleukos, mais d'une part il n'y en a plus à l'époque où cette inscription a été gravée, et un roi ne se serait pas nommé ainsi. L'Héraklide est ici une sorte de surnom, et non pas un patronyme (qui aurait été au génitif). Ce Séleukos, comme d'autres Péloponnésiens, se targue d'appartenir à la glorieuse famille des descendants d'Héraklès. Revoyons comment un descendant lointain de Polybe était appelé, sur une stèle en son honneur (IvO 487), "descendant d'Héraklès". |
>>>> la cinquième est aussi le long du mur extérieur du musée : ![]() IG IV2, 1, 550 Pour faciliter la lecture, j'ai piqueté les lettres peu lisibles : ![]()
Nous avons déjà rencontré ici cette divinité Pantheios, que j'avais appelée la "Toute Divinité", et nous voyons ci-dessous dans le cercle les 12 points qui représentent les 12 dieux de l'Olympe : ![]() Quant au numéro, l'éditeur a lu πζ (87). |
>>>> la sixième, enfin, également le long du mur extérieur du musée : ![]() Elle est assez effacée, mais son cercle se voit bien : on reconnaît le fouet de Poséidon Hippios, ainsi que le numéro OZ (77). Essayons quand même de lire l'inscription : ![]() IG IV2, 553 IIIe s. apr. J.C. On lit bien aux deux dernières lignes la divinité à laquelle est consacré l'autel : Poseidôn Hippios, et tout à droite, on voit une feuille de lierre. Mais le début de l'inscription est étrange : plusieurs E tout en haut, à gauche comme à droite. Puis ΠΙΟ, et à la ligne suivante : ΝΗΣ ΔΗΜΟΣΘΕΝ et encore en dessous : ΒΩΜΟΝ ΙΔΡ Σ Α le sigma et l'alpha étant séparés par les défauts de la pierre, et enfin : ΤΟ ΠΟΣΕΙΔΩΝΙ ΙΠΠΙΩΙ Voici ce que l'éditeur a pu lire finalement :
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