




Dans les
inscriptions grecques,
on trouve essentiellement trois façons
d'écrire les nombres :
L'écriture en
toutes lettres,
le
système
acrophonique, et
la numération
alphabétique.
Sans prétendre le moins du monde à
l'exhaustivité, je me
contenterai de présenter ici
ces trois systèmes d'après ce que j'ai
moi-même lu sur des pierres, au cours de mes
promenades épigraphiques.


Commençons par le plus simple, mais qui était le
plus long à écrire :
les noms des
nombres, en toutes lettres.
C'est l'occasion pour les plus néophytes de mes visiteurs de
découvrir ces noms grecs,
dont j'indique au centre la prononciation, en utilisant la lettre "h" à
l'initiale pour exprimer l'aspiration, notée
en grec par
l'esprit rude.
|
heis, mia, hen (masc,
fém, neutre) |
1 |
 |
duo |
2 |
 |
treis, tria (masc-fém, neutre) |
3 |
 |
tettares, tettara (masc-fém,
neutre) |
4 |
 |
pente |
5 |
 |
hex |
6 |
 |
hepta |
7 |
 |
oktô |
8 |
 |
ennea |
9 |
 |
deka |
10 |
 |
hendeka |
11 |
 |
dôdeka |
12 |
 |
treis kai deka, ... |
13 ... |
 |
eikosi |
20 |
 |
triakonta |
30 |
 |
tettarakonta |
40 |
 |
pentèkonta |
50 |
 |
hexèkonta |
60 |
 |
hebdomèkonta |
70 |
 |
ogdoèkonta |
80 |
 |
enenèkonta |
90 |
 |
hekaton |
100 |
 |
diakosioi, ai, a (masc, fém,
neu) |
200 |
 |
triakosioi, ai, a |
300 |
 |
tetrakosioi, ai, a |
400 |
 |
pentakosioi, ai, a, ... |
500 ... |
 |
chilioi, ai, a |
1000 |
 |
dischilioi, ai, a, ... |
2000 |
 |
myrioi, ai, a |
10000 |
 |
dismyrioi, ... |
20000 |
Voyons-en maintenant quelques exemples, lus sur des pierres :
IG I2
24
Vous lisez sans difficulté, même si deux lettres
sont un peu égratignées : "50 drachmes".
et maintenant déchiffrons (c'est le cas de le dire !) cette
somme très généreuse
offerte par un
personnage
dont la cité de
Milos
allait élever la statue :
IG XII 3, 1119
On lit :

, c'est-à-dire
: (une somme de) "deux myriades et demie", soit 25000.
Cette notion de "myriade = dizaine de mille" n'existant pas en
français,
on est obligé d'utiliser la notion "inférieure"
des mille,
alors que depuis l'Antiquité elle est restée
très vivante en grec,
puisqu'aujourd'hui encore "un million" se dit
"ena ekatommyrio",
c'est-à-dire : un "100
fois 10000".
Autre exemple :
A Delphes,
on vendait (manière
détournée de les libérer) au dieu
Apollon
des esclaves pour 3, 4, 5 mines, plus exceptionnellement le prix
pouvait monter jusqu'à 15 mines,
sachant qu'une mine = 100 drachmes, et qu'un salaire annuel
d'ouvrier qualifié
s'élevait à plus ou moins 350 drachmes.
Voici quelques détails d'inscriptions portant ces sommes, au
génitif pluriel (mnôn) comme complément
du nom
"timè", le prix :
mnôn epta =
(au prix) de 7 mines.
mnôn
deka =
(au prix) de 10
mines. Il s'agit de la vente simultanée de deux
esclaves.
Dans un seul cas j'ai lu
à Delphes
la notation de 4 mines
non
pas avec le nombre "tessarôn" écrit en toutes
lettres,
comme ici (sur un mur du théâtre de Delphes) :
mais avec l'initiale du mot "mine"
répétée 4 fois :

:
timès arguriou mnôn MMMM =
"Pour le
prix de 4 mines
d'argent".
Les inscriptions de Delphes,
aussi bien pour la vente des esclaves que pour les comptes du
sanctuaire,
ont presque toujours utilisé l'écriture des nombres en toutes
lettres.


Mais il en allait tout autrement à Athènes, à
Epidaure, etc,
où les comptes ont été le
plus souvent
exprimés sur la pierre
par des symboles reproduisant l'initiale du nom du
nombre,
puis par une combinaison de plusieurs de ces symboles.
C'est ce
qu'on a appelé, avec un mot forgé sur
"akros" =
l'extrémité,
et phônè =
la
voix, le son :
le système acrophonique.
D'après les sources actuellement disponibles, on estime que
la
numération acrophonique,
apparue très tôt, avait presque disparu vers le
Ier
s. av. J.C.
Et il est à remarquer que les Grecs utilisaient
essentiellement cette numération acrophonique
pour
noter les mesures de poids et de capacité, et surtout les
comptes monétaires,
mais jamais pour noter des
nombres ordinaux (ex. 2ème, 31ème,
millième...),
ni pour les dates, ni pour les âges.
Observons comment a fonctionné ce
système, avec des variantes
suivant les époques et les lieux :
Il y a donc d'abord
le signe l pour
l'unité, qui n'est pas une initiale, mais se comprend bien.
Toutefois ce l
sert plus souvent pour 1 obole que pour 1 drachme.
Ce qui fait que pour 1 drachme, on ajoute une petite barre horizontale
médiane : .
Ensuite, pour le 5 qui se dit "penté" en grec, on utilise la lettre
initiale pi avec sa forme
ancienne : .
Puis pour le 10, qui se dit "déka", on utilise l'initiale
delta : 
Pour le 100, qui se dit "hekaton", on utilise la lettre H,
qui à l'origine indiquait une aspiration et non le êta.
Pour 1000, qui se dit "chilioi", on utilise l'initiale khi : X.
Et pour dix mille, qui se dit "myrioi", on utilise l'initiale mu : M. |
Jusqu'ici tout est
simple, mais si on veut écrire 99900, il va nous falloir
beaucoup de signes :
MMMMMMMMMXXXXXXXXXHHHHHHHHH
!
On en verra des exemples réels plus loin en observant les
comptes de construction du temple d'Asklèpios à
Epidaure.
C'est pourquoi les Grecs ont eu l'idée, au lieu de se
contenter d'additionner les signes de base,
de les multiplier par 5 quand c'était possible, en
inscrivant en petit dans le signe le
signe de la dizaine, de la centaine, du millier ou même de la
dizaine de mille,
ce qui a donné pour 50 : ,
pour 500 : ,
pour 5000 : , et
pour 50000 : .
Voilà qui leur permettait d'écrire un
peu plus facilement des sommes assez rondelettes !
Ainsi notre 99900 s'écrivait maintenant :
MMMM XXXX HHHH
On pouvait aussi compter les grosses sommes en talents, et multiplier
ces talents par 5, 10, 50 etc,
le T se glissant sous le signe du chiffre, ce qui donnait
pour 1 talent (= 6000 drachmes) : T
pour 5 talents (= 30000 dr) : 
pour 10 talents (= 60000 dr) : 
pour 50 talents (= 300000 dr) : 
pour 100 talents (= 600000 dr) : 
pour 500 talents (= 3000000 dr) : 
et pour 1000 talents (= 6000000 dr) : 
De même, une somme de 10000 talents pouvait
s'écrire avec un petit T sous un M !
|
Mais les Grecs ne
maniaient pas toujours des sommes astronomiques !
Ils ont donc aussi inventé des signes pour noter de petites
sommes :
Il y avait le statère, qui valait 2 drachmes,
l'obole qui valait 1/6 de drachme,
puis la demi-obole, le quart d'obole,
et le chalque qui valait suivant les régions 1/8 d'obole ou
1/12 d'obole.
le statère était noté par son initiale
: ,
L'obole était souvent écrite l,
mais parfois aussi O,
la demi-obole : ,
le quart d'obole : soit , soit -,
soit T,
initiale de son nom "tetramorion",
et le chalque : X,
de son initiale khi.
|
Comment, me direz-vous, distinguait-on le
X
valant 1000 dr du
X
valant seulement 1 chalque ?
Et comment distinguait-on le talent du petit quart d'obole ?
Tout simplement par le fait que ces signes étaient toujours écrits
de la plus grosse valeur (à gauche) à la
plus petite (à droite).
Passons maintenant à la lecture sur pierres,
et rendons-nous
d'abord
au
Musée
Epigraphique d'Athènes,
où se
trouvent plusieurs
abaques,
sortes de tables qui servaient à faire des
opérations, un peu à la façon des bouliers chinois.
En bordure de l'un de ces abaques, je lis ceci :
500
dr |
100 dr |
50 dr |
10 dr |
5 dr |
1
dr |
1
obole |
1/2 obole |
1/4 d'obole |
Comme le montre la traduction, il s'agit non pas de nombres abstraits,
mais de quantités monétaires : drachmes et oboles.
Sur un autre abaque, malheureusement assez effacé,
on distingue de droite à gauche le signe des 100 (H), celui des 500,
celui des 1000 (X= chilioi),
celui
des 5000, avec un petit X sous le pi,
et enfin, tout à gauche, le T utilisé pour la grande unité de compte
qu'était le talent (= 6000 drachmes) :
Sur le même abaque, et à l'autre bout de la liste,
à droite de la demi-obole en forme de C, on distingue le signe T pour
le 1/4 d'obole,
et le signe X pour le chalque,
petite
unité valant suivant les régions
1/8ème ou
1/12ème d'obole.
A
l'Amphiareion d'Oropos, j'ai pu photographier en Mai 2009 cet
autre abaque :
Voici les signes inscrits en bas de la pierre, et qui sont les
mêmes que sur l'abaque du Musée épigraphique :
et les voici ci-dessous, avec des pointillés qui les rendent plus
apparents :
1000 drachmes |
500 dr |
100 dr |
50 dr |
10 dr |
5 dr |
1 dr |
1 obole |
1/2 obole |
1/4 d'obole |
1 chalque |
Si l'on compare l'abaque de l'Amphiareion avec la pierre ci-dessous,
qui se trouve à Delphes, en contrebas du temple,
on peut en conclure, d'après la similitude des traits, que ce doit être
aussi un abaque.
De même pour ceci, gravé sur la banquette de marbre qui
entoure le temple de Lètô à Délos :
Retour
au
Musée Epigraphique,
où l'on peut voir des
comptes de la
cité d'Athènes.
En voici un :

IG I3 460 |
Il s'agit d'un fragment de compte
de la fabrication, en 438 av. J.C.,
de la grande statue d'or et d'ivoire
d'Athéna, pour le Parthénon.
On lit sans mal à la quatrième ligne,
avec les T (pour "talent") gravés sous les H (pour 100) :
500 T + 100 T + 100 T = 700 Talents,
soit 4.200.000 drachmes,
et une somme beaucoup plus modeste à la 5ème
ligne :
500 + 10 + 10 = 520 drachmes. |
Et encore
au
Musée Epigraphique,
un extrait de la fameuse
liste des
tributs que les cités ont dû payer à Athènes,
entre 454 et 439 av. J.C., et dont 1/60e était offert à la déesse
Athéna.
C'est ce 1/60e qui a été inscrit chaque année,
pour chaque cité, petite ou grande, riche ou très modeste :

IG I3 269

|
Sont mentionnées ici des
cités de l'Hellespont,
compris au sens large comme
toute la région de la mer de Marmara,
entre le détroit des Dardanelles et le Bosphore.
Comme le montrent bien les grandes différences
entre les sommes offertes à Athéna,
certaines cités (Cyzique, Périnthe, Byzance)
étaient beaucoup plus importantes
que d'autres
qui n'ont guère laissé d'autres traces
dans l'Histoire (Artacène par exemple).
traduction :
300 Dr : Proconnésiens
900 Dr : Cyzicéens
33 Dr et 2 oboles : Artacéniens
1000 Dr : Périnthiens
1562 Dr et 4 oboles : Byzantins
|
Rendons-nous ensuite
à l'entrée du
Musée
d'Epidaure,
où deux grandes stèles portent les comptes de
construction de
deux monuments importants du site :
le temple d'Asklèpios, et, construite quelques
décennies plus
tard sans doute, la tholos.
Si l'on compare la façon de noter les nombres, on constate
- que
la première de ces deux stèles utilise un
système plus archaïque que la seconde,
- et que les signes utilisés ne sont pas tous les
mêmes qu'à Athènes.
Jugez vous-mêmes sur ces extraits, dont j'ai
transcrit les lettres qui sont visibles sur la photo :
1er extrait :
comptes de
construction du temple d'Asklèpios :
 |

|
tableau
des signes utilisés :
X
(chilioi)
= 1000 dr
(forme
archaïque de la lettre H de hekaton)
= 100 dr
le tiret - =
10 dr
le point .
=
1 dr
la barre l = 1 obole
On lit à la ligne 1 : 1400 dr,
à la ligne 4 : 1336 dr,
et à la ligne 8 : 150 dr |
extraits suivants :
comptes
de construction de la tholos :
d'abord cette somme :
 |
1
tiret
pour la dizaine de drachmes,
4 points pour les drachmes, et 4 barres pour les oboles,
soit un total de : 14 drachmes et 4 oboles. |
et puis tout cet extrait, où l'on peut lire plusieurs sommes
:
  |
A la fin de la 2ème ligne, on lit 4 dr.
A la fin de la 4ème ligne, 29 dr. On voit que le pi n'est
pas utilisé pour noter le 5.
A la 8ème ligne, on lit 360. Cette fois le pi est
utilisé, mais attention ! Entre le 100 et le 10, il ne peut
valoir que 50, même s'il n'a aucun petit signe à
l'intérieur.
Enfin au début de la dernière ligne, on lit :
le X de 1000 et le H de 100,
donc au total 1100 dr. |
|
Le système utilisé à Epidaure n'est
donc pas exactement le même que celui d'Athènes.
D'autres symboles existaient.
Ainsi, dans des
actes
de vente de terrains dans la Grèce du nord,
on lit sur une pierre une sorte de
8 qui
note la centaine,
et sur une autre un

,
utilisé dans cette région pour la lettre khi, qui
note le millier :

300 drachmes |

4000 drachmes |


Une troisième manière d'écrire les
nombres, en particulier pour les dates,
les âges, les rangs,
apparaît vers le Ve
siècle (peut-être avant en Asie Mineure),
et se
développe à partir du IVe et du IIIe s. av.J.C.
Elle se généralisera quand disparaîtra
la
numération acrophonique. C'est :
la notation alphabétique.
En quoi consiste-t-elle ?
Beaucoup plus "économique" que le système
acrophonique,
cette notation utilise les lettres de l'alphabet grec de la
façon suivante
:
Vous remarquez trois lettres qui ne sont pas utilisées
dans
l'alphabet classique grec. Ce sont d'anciennes lettres,
qui étaient nécessaires pour avoir 9 signes indiquant
les
unités,
9 pour les dizaines, et 9 pour les centaines, soit
27 en
tout,
alors que l'alphabet classique ne comportait que 24 lettres.
Peu importe le nom de ces lettres,
retenez seulement leur valeur
numérique.
Allons
à
Olympie lire sur les pierres
les
dates comptées en
Olympiades :

"lors de la
207ème Olympiade",
ce qui correspond à l'année 49 apr. J.C. |

"lors de la
232ème Olympiade",
donc en 149 apr. J.C.
Ici les lettres notant des chiffres sont surmontées de
traits. |

"lors de la
253ème Olympiade",
donc en 233 apr. J.C.
Notez le sigle pour "Olympiade" :
un pi recouvrant un lambda et surmonté d'un omicron. |

"lors de la 256ème Olympiade",
donc en 245 apr. J.C.
Ici le sigle pour Olympiade est différent :
un petit lambda dans un grand omicron. |


"avant la
257ème Olympiade",
donc entre 245 et 249 apr. J.C.
Notez le petit signe séparant les chiffres des autres mots. |


"pour la
261ème Olympiade", donc en 265 apr. J.C.
Ici pas de signe, mais un espace entre les chiffres et les mots.
Le sigle pour "olympiade" est un petit lambda dans un grand omicron,
comme ci-dessus. |
Les âges dans
les épitaphes.
Si vous vous reportez aux
inscriptions
funéraires peintes de Volos,
ou bien à notre visite du
Céramique
d'Athènes,
vous avez vu que seul le nom, le patronyme et éventuellement
l'ethnique (ou le démotique) des défunts étaient
inscrits,
hormis le cas des inscriptions poétiques.
Mais l'usage à Rome était d'indiquer
l'âge du
défunt, et les Grecs en firent autant à leur
suite.
C'est ce qu'on voit en relisant
cette
épitaphe du Louvre, ainsi que les inscriptions
suivantes,
dont je n'ai malheureusement que les transcriptions :
Dans ces deux inscriptions, pour indiquer les chiffres,
on a
surmonté d'un trait les lettres.
Souvent, pour transcrire des nombres, les copistes de manuscrits du
Moyen-Age,
et à leur suite les épigraphistes
modernes,
ont fait suivre les lettres
d'un signe qui ressemble à une apostrophe,
comme dans le
document suivant :
Quittons un instant le domaine des pierres
pour observer comment ont été notés
les nombres dans les livres des auteurs antiques.
On y observe un certain flottement,
dû sans doute à la transmission par copies successives de manuscrit en
manuscrit.
En voici un exemple, tiré de
la
Constitution
d'Athènes, d'Aristote, au chapitre 43,
dans l'édition des Belles Lettres.
En rouge, les nombres transcrits de façon
alphanumérique, et en bleu les nombres en toutes lettres.
J'ai utilisé les mêmes couleurs dans la
traduction qui suit :
Est tiré au
sort avec des jetons un Conseil (Boulè) de 500 (membres), 50 par tribu.
Chacune des tribus exerce la prytanie à son tour, dans un
ordre déterminé par le sort,
les quatre premières pendant 36 jours chacune, les six dernières pendant 35 jours chacune.
Vous remarquez que la notation du nombre 36 est composite.


En guise de conclusion :
Je disais en commençant la troisième partie
que le
système alphabétique
est beaucoup plus
"économe"
que le système acrophonique.
Amusons-nous, pour en avoir la preuve, à transcrire en
numération acrophonique
une olympiade normalement écrite en
numération alphabétique :
- Qu'aurait donné TMH' (soit 348) ?
--> réponse
: à Epidaure,

,
et à Athènes :

,
soit 15 ou 11 signes
au lieu de 3.
Mais nous avons vu que de toutes façons
jamais les
années
n'étaient écrites avec le système
acrophonique !
- Inversement, comment aurait-on pu écrire dans les comptes
d'Epidaure une somme de :

(soit
678 dr) si l'on avait utilisé la numération
alphabétique ?
--> réponse
: XOH' drachmes.
OUI MAIS ...
S'il est économe à écrire, le
système
alphabétique nécessite de mémoriser la
valeur de
27 signes différents,
et que lèvent la main ceux d'entre nous qui n'ont
jamais eu
besoin de se référer au tableau pour
vérifier une
date
d'olympiade !
Alors que le système acrophonique ne nécessite
que le
repérage de 6
signes
principaux.
De plus, pour additionner dans le système acrophonique
il suffit de faire des "paquets" de M, de X, de H, etc, et
l'on peut immédiatement visualiser le total,
tandis que l'addition avec la notation alphabétique est
moins naturelle :
ainsi B' + E' (2 unités + 5 unités)
ne ressemble pas du tout dans ce système
d'écriture à K + N (2 dizaines + 5 dizaines),
ni à
Σ +
Φ (2 centaines + 5
centaines ).
A ceux qui voudraient aller plus loin dans ce domaine,
je conseille les excellents livres d'Alain Schärlig ,
Compter avec des cailloux,
paru en 2001 aux Presses Polytechniques et
Universitaires Romandes,
et
Compter du bout des
doigts,
paru en 2006, également aux PPUR.
Bonne lecture !




