La proxénie

mettait
en
relation 2 cités : Lorsqu'une cité A nommait comme
son
proxène un homme d'une cité B, cela signifiait que
les
citoyens de A, lorsqu'ils voyageraient et/ou séjourneraient dans
la
cité B, seraient pris en charge par le proxène, qui
selon
les cas les hébergerait, et les défendrait en cas de
difficulté.
L'isopolitie

signifie
textuellement le fait d'avoir droits égaux
(iso-) de citoyen (-politie). Dans d'autres décrets
honorifiques, on parle de "
politeia"
(= citoyenneté). Celui à qui était
accordé cet
honneur, s'il venait s'installer dans la cité qui le lui avait
accordé, devenait de droit citoyen de cette cité.
C'était
donc un octroi potentiel.
La
promantie 
était la
priorité pour consulter l'oracle. En effet on peut imaginer,
étant donné l'importance du sanctuaire oraculaire
de
Delphes, qu'il fallait parfois attendre longtemps son tour pour pouvoir
consulter l'oracle d'Apollon par la bouche de la Pythie.
L'asylie 
était un privilège très particulier à la
Grèce antique. Lorsqu'une personne d'une cité A
se
trouvait en litige non résolu avec une personne d'une
cité B, elle avait le droit, pour obtenir
réparation, de
s'emparer des
biens (=
sulân) de toute personne de la cité B, ce qu'on traduit
souvent par "droit de représailles". C'était en quelque
sorte le signe que les membres d'une
même cité étaient solidairement
responsables en cas
de défaillance de l'un de leurs concitoyens, afin de
réparer un préjudice causé
à une autre
cité ou à l'un de ses membres. Ainsi l'asylie,
avec
l'alpha privatif, était une garantie contre cette possible
saisie de ses biens.
L'ateleia 
était l'exemption (a-) de taxes (-telos), en particulier
celles
que l'on devait payer pour l'entrée de marchandises dans la
cité visitée .
La proédrie


était
une place d'honneur, et le mot est toujours
précisé par
l'expression qui suit : "dans tous les concours que la cité
organise".
Enfin
les xenia

étaient
des présents d'hospitalité. Si le personnage
honoré restait encore dans la cité,
c'était
souvent une invitation à dîner au
prytanée. S'il
partait, ce pouvait être une somme d'argent, ce qui est sans
doute le cas ici puisqu'il s'agit de les "envoyer".
1- d'Oponte :
- les 3 juges :
Sôsthénès fils
d'Harmôn, Tharsèn fils d'Armenos,
Ainèsôn fils de Boulikos,
- et le greffier Ménéstas fils de
Polémarchos.
Une recherche dans la base épigraphique PHI fait
apparaître que ces 4 personnages ne sont pas connus par ailleurs,
même s'ils
étaient sûrement des personnages influents et
considérés dans leur cité, pour avoir
été choisis afin d'effectuer cette mission de confiance.
A part Polémarchos, les 7 autres noms sont très
rares dans ce que nous connaissons des noms de personnes dans le
monde grec antique.
2- de Delphes :
- les 2 épidamiourgoi : Antigénès et Mnasithéos,
chargés d'offrir les "xénia" aux juges étrangers.
Cette fonction d'"épidamiourgos" n'apparaît à
Delphes que dans des décrets du milieu du IIe s. av. J.C.
- l'archonte de Delphes (pour l'année qui a des chances, dans l'état actuel de nos connaissances, d'être 154/3 av. J.C.) : Philokratès,
- et la commission des trois bouleutes pour le second semestre de l'année : Xénôn fils de Philokratès, Astoxénos et Aristiôn.
Remarquons que ces Delphiens, Xénon mis à part (
peut-être parce qu'il est le fils de l'archonte ), sont
nommés sans leur patronyme.
Or ce sont des noms assez courants,
et c'est l'une des difficultés
que rencontrent les historiens
qui étudient cette cité de Delphes.
Plusieurs archontes
ont porté le même nom, à des décades, voire
des siècles de distance.
Toutefois comme les décrets
étaient datés non seulement par le nom de l'archonte en
fonction cette année-là,
mais aussi par les noms des
bouleutes qui formaient la commission permanente du conseil pendant un
semestre (c'est le cas ici) ou pendant toute l'année, l'ensemble
de ces noms permet de limiter les risques de confusion chronologique.
Mais nous allons voir qu'il est difficile de savoir si ces personnages sont les mêmes qui apparaissent
dans
ces autres inscriptions de la cité de Delphes, que je propose à votre examen critique.
