initiation à l'épigraphie grecque par Claire Tuan, Olympie.
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olympie au printemps

15ème inscription 


La base suivante, d'une étonnante sobriété :

base 15

inscr 15

transcription : texte 15       traduction : Régilla, à Hygie.

commentaire :

- la dédicace : Au nominatif, le nom de la femme qui a fait l'offrande,
et au datif le nom de la destinataire, la déesse Hygie,
fille du dieu Asklépios qui est lui-même fils d'Apollon.
Notre mot "hygiène" vient tout droit du nom de cette déesse.

- le personnage : Nous avons ici l'une des très nombreuses inscriptions
trouvées à Olympie concernant un membre de la  famille d'Hérode Atticus,
qui était un célèbre rhéteur et sophiste athénien.
Il fut même consul à Rome, vécut dans l'amitié des empereurs Hadrien puis Antonin,
et fut choisi par ce dernier pour être le précepteur
des futurs empereurs Lucius Verus et Marc Aurèle.
Il épousa Régilla, fille d'une très opulente famille patricienne de Rome.
Lorsqu'elle mourut, encore jeune, en 160 apr. J.C.,
Hérode Atticus construisit à sa mémoire le petit théâtre dit
"odéon d'Hérode Atticus", sur le flanc sud de l'acropole d'Athènes.
Pour les plus curieux, voici le dossier des inscriptions concernant Regilla.

Mais cet odéon n'était que l'un des nombreux monuments
qu'Hérode Atticus fit construire pour embellir les cités grecques
(le stade d'Athènes en marbre du Pentélique, un théâtre à Corinthe, le stade de Delphes, etc).
Ici, à Olympie, Hérode Atticus fit construire un aqueduc,
 et le bassin d'arrivée surmonté d'une exèdre semi-circulaire fut une offrande de Régilla,
comme l'atteste l'inscription qui est gravée sur le flanc droit
du grand taureau de marbre que vous irez voir au musée :

le taureau de Regilla

texte de l'inscr. sur le taureau traduction : Régilla, prêtresse
de Dèmèter, (a offert) l'eau
et tout l'ornement des bassins à Zeus.

Ces bassins ornés d'une exèdre monumentale sont visibles sur le plan cliquable :
c'est la construction en arc de cercle entre le temple d'Héra et les Trésors.

Et pour finir cette halte devant la femme aimée
par le grand mécène que fut Hérode Atticus,
nous lirons le poème que José-Maria de Heredia lui a consacré dans ses Trophées :

 <<<<< Regilla >>>>>

Passant, ce marbre couvre Annia Regilla
Du sang de Ganymède et d'Aphrodite née.
Le noble Hérode aima cette fille d'Énée.
Heureuse, jeune et belle, elle est morte. Plains-la.

Car l'Ombre dont le corps délicieux gît là,
Chez le prince infernal de l'Île Fortunée
Compte les jours, les mois et la si longue année
Depuis que loin des siens la Parque l'exila.

Hanté du souvenir de sa forme charmante,
L'Époux désespéré se lamente et tourmente
La pourpre sans sommeil du lit d'ivoire et d'or.

Il tarde. Il ne vient pas. Et l'âme de l'Amante,
Anxieuse, espérant qu'il vienne, vole encor
Autour du sceptre noir que lève Rhadamanthe.


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